Pourquoi deux jeunes se lancent dans le gibier en 2019 ?

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Avec l'accord de Metz signé cette semaine par le G7 de l'Environnement autour des grandes questions de biodiversité, 2019, c'est l'année où l'on parle enfin non plus du seul réchauffement climatique mais aussi du maintien de la biodiversité de manière sérieuse. Le moment s'intéresser à son impact personnel sur les différents écosystèmes qui nous entourent. C'est aussi l'année où les abattoirs continuent d'être incriminés en France pour des comportements cruels et où le grand public demande des explications mais aussi des solutions.

En clair, on cherche à mieux manger, de manière plus responsable et, de plus en plus, à comprendre d'où vient ce qui atterrit dans nos assiettes : d'où provient ce que je mange ? comment a été transformée la nourriture qui se trouve dans ma cuisine ? qui est rémunéré lorsque je mange ce produit ?

De manière plus générale : comment profiter durablement des ressources naturelles que nous offre la planète sans perturber les équilibres ? 

C'est avec ces éléments dans la tête qu'Edouard et Vianney se retrouvent un jour à une chasse en Alsace. Entre les somptueuses forêts, les discussions passionnées sur la nature et le vent frais alsacien, ils font face à un constat glaçant : tout le gibier chassé ce jour-là ne sera pas entièrement consommé ni redistribué. La raison principale ? Un manque de débouché et une filière quasi inexistante : les chasseurs permettent la régulation du grand gibier en prélevant selon les quotas de nombreux animaux tous les ans mais ils ne sont pas assez pour tout consommer. Survient alors un décalage entre ce qui a été chassé et ce qui sera consommé : un gaspillage énorme ... pour une viande d'excellente qualité ! De plus les populations de grands gibiers (cerf, sanglier, chevreuil) sont en constantes augmentation en France depuis 20 ans. L'enjeu est donc de taille : comment accompagner la croissance de ces populations sans gaspiller la viande ? 

C'est à ce moment précis qu'ils comprennent que désormais plus rien ne sera jamais comme avant : Nemrod devient alors une idée. Une idée géniale : récupérer le surplus de gibier auprès des chasseurs, le transformer grâce à des ateliers partenaires et distribuer des produits apéritifs facile à consommer à tout moment du jour et de la nuit dans des bars à vins, des restaurants et des épiceries fines et surtout en toutes saisons !

Les deux amis qui se sont rencontrés en école de management à Bordeaux vont mettre à contribution leur compétences respectives : Edouard qui finit sa formation en entrepreneuriat s'appuie sur son réseau de chasseur pour collecter le gibier. Vianney après un passage chez un traiteur et une formation en conserverie s'occupe de la transformation en produit de qualité !

"Manger du gibier c'est une tradition française que beaucoup ont oublié parce que ce n'est pas facile de s'en procurer, ce n'est pas facile à cuisiner non plus et que souvent les expériences ne laissent pas un bon souvenir aux consommateurs." Vianney

Aujourd'hui Nemrod est un peu plus qu'une idée, c'est 3 terrines de sanglier et de chevreuil, des produits de salaisons, une cinquantaine de points de vente entre l'Alsace et Paris et une mission à accomplir : remettre le gibier au goût du jour pour réduire son gaspillage en proposant des produits sauvages, sains et savoureux.

"Avec Nemrod on propose au consommateur une viande extrêmement durable. Le gibier c'est zéro émission, ce sont des animaux qui se nourrissent naturellement et qui ne connaissent pas les antibiotique ou les OGM !" Edouard

Les deux compères prévoient de s'installer dans leur propre atelier très bientôt et de recruter une équipe pour accompagner son développement.

A vos couteaux, vous savez quoi faire !

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1 commentaire

  • Une excellente idée qui devient réalité. Bravo !

    Alain de Taillandier

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